Tourisme et environnement

Face aux défis actuels lancés par les institutions nationales et internationales en termes de protection de l’environnement et de préservation du climat, le tourisme doit suivre la tendance et se tourner vers des pratiques durables.
La pollution atmosphérique dont il est responsable remet en question les fondements de cette activité, en particulier l’usage de l’avion, moyen de transport le plus polluant en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Le réchauffement climatique est une réelle menace pour l’industrie du voyage qui doit agir pour assurer son avenir.

Quelques chiffres
Le tourisme est responsable, selon l’OMT, de 4 à 6% des émissions mondiales de gaz à effets de serre. Les ¾ de ces émissions sont dus aux transports (40% pour le transport aérien, 32% pour l’automobile) et 21% sont liées à l’hébergement.
En vue de la croissance incessante de l’activité touristique, 2 milliards de vols ont été recensés en 2007, ce qui représente une hausse de 7% par rapport à 2006, ces rejets provoqués par le tourisme pourraient augmenter de 150% dans les 30 prochaines années. [1] Avec le départ à la retraite des babyboomers dans les pays développés et l’émergence de nouveaux marchés dans les pays en voie de développement (Chine, Inde, Brésil et Russie), 1,6 milliards de voyageurs sont envisagés en 2020.[2]

Les transports
L’utilisation de moyens de transport alternatifs est donc indispensable à la construction des circuits plus écologiques. Les impacts de ces moyens de transport (en termes d’émissions de CO2) sont variables, mais ils présentent tous des avantages non négligeables quant à la valeur ajoutée qu’ils apportent aux voyages. Voici quelques exemples :
 
Emission équivalent carbone aux 100 km par passager3]

Avion vol domestique
4,0 kg
Voiture en mono utilisateur
3,5 kg
Avion long courrier
3,0 kg
Voiture à 2
1,7 kg
Bus
0,9 kg
Voiture à 4
0,8 kg
Ferry/Cargo
Moins de 0,1 kg
Train
0,8 kg
Marche/vélo
négligeable

·       
Le train : faisant partie des transports les moins polluants, le train existe dans quasiment tous les pays et franchit les frontières à des tarifs abordables. Il est tout à fait possible de relier un petit village de France et l’océan Pacifique par les rails, en montant à bord du transsibérien ou du transmongolien. Il existe par ailleurs encore de nombreuses lignes de chemins de fer touristiques qui offrent des panoramas magnifiques et permettent de passer dans des endroits inaccessibles, notamment en montagne. Offrant souvent un réel témoignage de l’Histoire, le train permet aussi une transition progressive vers la destination, la rencontre des populations locales, d’admirer les paysages des pays traversés.
·        Le ferry : l’impact sur l’environnement d’un trajet en ferry par personne est faible vu le nombre de passager que peut transporter ce type d’embarcation. La part d’émissions de GES par personne est moins élevée que le train. Les mers couvrant 72% de la surface de la Terre, quasiment toutes les destinations sont accessibles par bateau. Il est aujourd’hui possible de voyager sur toutes sortes de navires. Au départ de la France, on atteint la Scandinavie et le Maroc en 2 jours, les Etats Unis en 2 semaines et l’Asie en 1 mois.
·        Le bus : en termes d’émissions de CO2, un trajet en bus équivaut à un trajet en voiture de 4 personnes. Toutes les destinations sont accessibles en Europe, il est même possible de rouler jusqu’en Russie. Le bus offre les mêmes avantages de transition douce que le train.
·        La voiture : comme nous l’avons comparé avec le bus, si elle est bien remplie, ce n’est pas le plus polluant des moyens de transport.
·        Les transports non motorisés : ce sont les transports les moins polluants. Entre la randonnée équestre, pédestre, avec des ânes de bâts pour porter les bagages, les VTT ou les vélos électriques pour les moins sportifs, le canoë, le ski, les rollers…. qu’on soit professionnel ou amateur, à la recherche de sensation ou simplement de moyens de transport doux pour l’environnement.
 
Les dangers du réchauffement
Le réchauffement climatique est une réelle menace pour l’industrie du voyage qui doit agir pour assurer son avenir.
Les études sur les conséquences du dérèglement climatique sur le secteur touristique parlent d’impacts potentiels et non encore prévisibles. Toutefois, de nombreuses hypothèses sont avancées et exploitées afin de prévenir les changements dont pourrait être affectée le tourisme.
Tout d’abord, certaines destinations risquent d’être désertées pendant la saison haute à cause des hausses de température qui pourraient provoquer des nuisances « thermiques », tandis que d’autres subiraient des impacts sur les ressources environnementales (recul des plages, manque de neige en moyenne montagne, évolution de la biodiversité).
Pour les destinations du tourisme solidaire, essentiellement dans les pays du Sud, le réchauffement global pourrait être à l’origine d’une augmentation des épidémies ou, du fait de la pauvreté des récoltes obtenues, d’épisodes de famines sans précédent, ce qui remettrait fondamentalement en question la présence de touristes dans ces régions.
Au-delà des destinations, certaines activités de tourisme et de loisirs risquent d’être particulièrement victimes du changement climatique. Les activités en lien avec les ressources en eau : au niveau de l’approvisionnement des équipements (le golf, les piscines) ; de l’environnement aquatique (baisse du niveau d’eau et de sa qualité) qui subiront la baisse de la pluviométrie annoncée par Météo France. Les sports d’hiver seront fragilisés par la baisse de l’enneigement de stations de moyenne altitude et le tourisme balnéaire par la disparition des plages. Le tourisme rural semblerait moins touché par les changements de comportements des touristes malgré la dégradation de sites naturels (liés aux impacts sur la biodiversité), les changements de paysages et des ressources du terroir (disparition ou baisse de qualité des vignobles par exemple).

Un enjeu mondial
A la fois pour diminuer son impact sur le changement climatique et se préparer à s’adapter à de tels bouleversements, le monde du tourisme, professionnels et voyageurs, doit s’organiser à l’échelle internationale pour relever ce défi.
Le Sommet de la Terre, à Rio en 1992, a marqué la prise de conscience internationale du risque de changement climatique. C'est le Protocole de Kyoto, en 1997, qui a traduit en engagements quantitatifs cette volonté de réduction des émissions de GES. Cet accord international, bâti sur la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, met en place des objectifs légalement contraignants et des délais pour réduire les émissions de GES des pays industrialisés leaders sur le plan économique.
 
Ce qui concerne le secteur touristique en termes de réchauffement climatique incombe à l’OMT (Organisation Mondiale du Tourisme), qui a pour mission d’évaluer les conséquences de ce phénomène afin de proposer des moyens d’adaptation de l’offre touristique, mais aussi pour en atténuer les effets néfastes.
La 1ère Conférence internationale sur le changement climatique et le tourisme convoquée par l’OMT s’est déroulée en 2003 à Djerba en Tunisie.
En octobre 2007 à Davos en Suisse, l’OMT a organisé la 2ème Conférence Internationale, pour traiter les relations complexes existant entre le tourisme et le climat. Au terme de cette conférence, la Déclaration de Davos a reconnut la réalité du changement climatique et sa corrélation étroite avec le tourisme. Les questions relevées à Davos ont ensuite fait l’objet de débats en novembre 2007 au Sommet ministériel de Londres puis à l’Assemblée générale de l’OMT à Cartagena de Indias, en Colombie. Les messages fondamentaux dégagés de ces débats ont alors été transmis en décembre 2007 à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de Bali.
En coopération avec d’autres institutions internationales, avec ses États membres et avec ses partenaires du secteur privé, l’OMT à décider de maintenir la problématique du « changement climatique et le tourisme » parmi les priorités de son programme. Pour l’édition 2008 de la Journée mondiale du tourisme et pour la campagne qui y est liée tout au long de l’année, elle a adopté le thème  « Le tourisme s’engage face au défi du changement climatique ».[4]

 


[1]" Conférence de Davos sur le changement climatique et le tourisme " Actu-environnement.com
[2]" Tourisme de masse : stop ou encore ? " Terra Economica n° 57 Juillet 2008
[3]" Carnets d’aventure, Hors série N°3 « Le Voyage écologique » page 5 Source ADEME
[4] Rapport de l’Organisation Mondiale du Tourisme « De Davos à Bali : contribution du tourisme face au défi du changement climatique » page 1